EMT: Notre Origine

L'histoire du christianisme et du méthodisme au Togo a pris racine en 1843

Situation politique et religieuse de la Côte Occidentale d’Afrique

Avant la création des territoires coloniaux de Gold Coast (britannique), du Togo (allemand) et du Dahomey (français), des missions chrétiennes étaient déjà à l’œuvre parmi les peuples habitant ces lieux.

L’arrivée des premiers missionnaires sur la Côte des Esclaves en Afrique occidentale, où s’édifiera le Togo, s’inscrit dans le vaste mouvement de redécouverte de l’Afrique par les Européens au XIXe siècle.

 

Le mouvement anti- esclavagiste.

Dès la fin du XVIIe siècle, le mouvement anti-esclavagiste a permis au Gouvernement anglais d’établir sur la Côte Ouest africaine une colonie-refuge pour les esclaves libérés sur un point de l’Afrique qui avait été particulièrement dépeuplé par le trafic., Quelques centaines d’anciens esclaves avaient ainsi débarqué dans la nouvelle Colonie.

L’Acte d’Emancipation voté par les deux Chambres du Parlement Anglais le 1er Août 1834 libérait huit-cent rachetés, au frais du Gouvernement ; montant : Vingt millions de livres sterling versés aux propriétaires des esclaves libérés.

L’accompagnement des anciens esclaves à Freetown.

Dès la fondation de la Colonie de Sierra-Léone, des Aumôniers (Pasteurs de l’Eglise Anglicane) avaient accompagné les anciens esclaves à Freetown. L’Eglise Méthodiste commença l’envoi de missionnaires à partir de 1811. Malheureusement plusieurs ont péri en peu de temps par défaut de précautions sanitaires indispensables à la santé des Européens, et ignorées à cette époque : cinq décès en douze ans. Cependant, l’évangélisation se poursuivit sans arrêt.


 

Les Missions Méthodistes en Gold Coast - 1834.

En cette même année, la Société des Missions Méthodistes avait décidé de commencer une œuvre dans cette partie d’Afrique qui n’était pas encore une colonie, mais un représentant du Gouvernement anglais chargé de protéger les sociétés commerciales y résidait. Là encore hélas, les tristes expériences des premières années de travail missionnaire de la Sierra-Léone se renouvelèrent : cinq missionnaires périrent en quatre ans.

L’œuvre de Thomas Birch FREEMAN

 

Thomas Birch FREEMAN Les premières  tentatives d’implantation chrétienne sur la côte du futur Togo avaient été celles de la Communauté des Frères Moraves, venue de Saxe (Allemagne).

De 1737 à 1770, Jacob PROTTEN, mulâtre de père danois et de mère mina, essaya d’y implanter la religion chrétienne en vain.

En 1827, apparait en Gold Coast la Société des Missions de Bâle, créée en 1815. Elle avait mené ses activités parmi les Twi, les Ga et les Krobo puis avait traversé la Volta pour s’installer, en 1863, à Anum, près de Peki, avant de continuer vers le Buem, en passant dans quelques villages éwé.

 

En 1838, avait débarqué à Cape Coast, chez les Fanti, un mulâtre de père africain et de mère britannique, envoyé de la Mission méthodiste, créée à Londres en 1813 et déjà présente en Sierra Léone depuis 1821 : il s’agit de Thomas Birch FREEMAN.

Thomas Birch FREEMAN luttait déjà contre l’esclavage à vingt 20 ans. Il avait exactement 24 ans quand avait été voté l’Acte l’Emancipation.

Le cœur de Freeman était très ému en apprenant successivement la mort des missionnaires méthodistes de Sierra-Léone et ceux de Gold Coast. C’est pourquoi il avait senti l’appel de Dieu à aller travailler sur la terre d’Afrique, dont son père était originaire. Il lui semblait, qu’ayant le sang africain coulant dans ses veines, il pourrait supporter, plus facilement que les autres, le climat de la Côte occidentale. Les membres du Comité Missionnaire avaient pensé de même et l’avait accepté comme candidat au Saint Ministère en 1835.

Marié avec Elisabeth BOOT  le 5 novembre 1837, il avait pris le départ sur un voilier pour l’Afrique avec sa femme.

Arrivés à Cape Coast le 3 janvier 1838, FREEMAN devenait veuf le mois suivant. Néanmoins il avait entrepris et poursuivi sans relâche, pendant dix-neuf années, de prodigieuses activités dans les pays du Golfe du Bénin.

Mission au Nigeria, au Dahomey et au Togo.

Sur invitation des anciens esclaves Egbas revenus chez eux au Nigeria, FREEMAN s’est rendu à Abéokuta en Septembre 1842, et y avait installé le Pasteur GRAFT.

Mais cette ville vivait sous la menace constante de l’armée du Dahomey. Sur son chemin de retour, FREEMAN avait décidé de se rendre à Abomey en vue d’obtenir la confiance du Roi GUEZO pour la sécurité de son œuvre au Nigéria.

Après deux mois d’attente à Ouidah, il avait été enfin reçu par le Roi, successivement à Cana et à Abomey du 13 au 20 Mars 1843. Ayant obtenu de GUEZO l’autorisation d’évangéliser dans le royaume, il retournait en Gold Coast.


 

Le début de l’ère chrétienne et du méthodisme au Togo

De Ouidah pour rejoindre la Gold Coast, l’infatigable FREEMAN, avait marqué un arrêt à Aného en Mars 1843.

Le Révérend Thomas Birch FREEMAN a rendu visite au Roi Georges Akuété ZANKLI LAWSON 1er. Suite à leurs entrevues, le Roi s’est converti et a donné l’accord à Freeman d’ouvrir un lieu de culte dans son palais royal à Aného.

Le tout premier culte chrétien et méthodiste au Dieu Trinitaire, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, a été célébré le 28 Mars 1843.

Cette date marque le début de l’ère chrétienne et du méthodisme au Togo.

 

 Chapelle Méthodiste construite en 1843 dans le Palais Royal Lolanmé à Aného et rénovée.

Pendant son séjour à Aného, il avait aussi rendu visite au Roi des Adjigos, ADADE Nutepe (1842-1860) et avait organisé plusieurs campagnes d’évangélisation en plein air sur la place qui porte encore aujourd’hui son nom : « FLANMANI. »

Par la suite, la plupart des activités de FREEMAN s’étaient limitées en Gold Coast où, admis à la retraite en 1886, il décède le 12 Août 1890 à Accra.

 

L’Eglise Méthodiste du Togo (EMT) est la plus ancienne des Eglises du Togo. Dès son implantation, l’Eglise Méthodiste au Togo (telle était son appellation), était rattachée de 1843 à 1978 à de vastes régions ecclésiastiques dénommées Districts, qui faisaient partie de l’Eglise mère, Eglise Méthodiste de Grande Bretagne.

Il y avait :

 

Le 28 Mars 2000, l’Eglise Méthodiste du Togo (EMT) a changé son statut. De District qu’elle était depuis sa séparation du Dahomey en 1978, elle est  devenue une Eglise autonome vis-à-vis de l’Eglise mère (Eglise Méthodiste de Grande Bretagne).

Elle est désormais érigée en Conférence qui est l’organe suprême (Assemblée Générale) de l’Eglise.

L’Eglise dispose aujourd’hui d’une Constitution et d’un Règlement Intérieur qui régulent le fonctionnement de tous les organes centraux et décentralisés, ainsi que les commissions et institutions spécialisées. Le Conseil de la Conférence est l’organe d’exécution et de décisions de l’Eglise entre deux Conférences biennales.

 

L’Eglise Méthodiste du Togo (EMT) dispose d’une Administration Centrale, de (5) Districts (Lomé, Lacs, Tabligbo, Attitogon, Missionnaire) dirigés par des Surintendants Généraux ; de (10) Circuits dirigés par des Surintendants de Circuits, des Paroisses, des Départements. Les Pasteurs et les Evangélistes sont les principaux ouvriers de l’Eglise et sont assistés dans leur ministère par des prédicateurs laïcs et d’autres ouvriers laïcs.

Un Bureau Exécutif coordonne les activités de l’Eglise et est composé de : un Président (Pasteur), un Vice-président (laïc), un Secrétaire Général (Pasteur) et un Trésorier Général (laïc).

L’actuel Président est le Révérend Pasteur Charles C. KLAGBA-KUADJOVI, le Vice-président M.

Ambroise Délali ABOKI, la Secrétaire Générale la Révérende. Pasteur Martine-Grâce Nadou M. ZINSOU-LAWSON et le Trésorier Général M. Christophe Ayi AJAVON.

Situation géopolitique, linguistique et religieuse du Togo

Aux plans politique, géographique et linguistique, le Togo, tirant son nom actuel de Togoville, localité du Roi Mlappa III ayant signé le traitéde protectorat avec l'Allemand Dr Gustav Nachtigal le 05Juillet 1884, est un pays de l’Afrique de l’Ouest, situé entre le Ghana anglophone à l’ouest et le Bénin francophone à l’est. Au nord le Togo est coiffé par le Burkina Faso et au sud le Togo a une ouverture sur le golfe de Guinée.
Comparé à ses grands voisins africains, le Togo est un petit pays avec une superficie de 56785 km². et une population d'environ 6,619 millions d’habitants (2009) avec une densité de 84 habitants au km².

Le Togo s’étire sur 600 km du nord au sud avec une largeur ne dépassant pas 100 km.
La langue officielle du Togo est le français qui est pratiqué par 30 % de la population; à côté d’une multitude de langues du terroir que sont l’éwé, le kabye, le mina, le tem, le moba, l’ifè, l’ana, le lamba, le bassar, le lama, le tchochossi, le gourma, l’akposso, le watchi, le peulh, etc… Dans le domaine religieux, il existe au Togo différentes sortes de religions dont les plus dominantes sont : l’Animisme, le Christianisme, l’Islam,  etc.

La laïcité de la République inscrite dans la Constitution Togolaise permet à ces grandes tendances religieuses de coexister pacifiquement.

 

 Couverture géographique actuelle de l'Eglise Méthodiste du Togo.

 

Aujourd'hui l'Eglise du Togo est implantée de Lomé jusqu'à Dapaong et compte environ(110.000) Cent Dix Mille membres.

 

 

A Dieu seul soit la gloire. Amen !